billet humeur

Vintage, moi ?

Tu te souviens de ton premier dossard de course ? Pour ma pomme, c’était en mars 2011. Il faisait gris. Frais. Il pleuvait.

Pas de quoi voir fleurir le printemps.

En course à pied, la récompense textile est devenue monnaie courante. Tu portes fièrement ta veste de finisher. Normal. Tu viens de te taper des mois de préparation. Des heures de sacrifice, de transpiration. Tu as largement mérité t’endosser ton précieux pour profiter de ta minute de gloire.

 Trop court. Trop large. Peu importe. À la boulangerie. Sur le canapé. En soirée. Trop tard, il faut se méfier, la dépendance s’est installée.Tu es devenu accro au tee-shirt 100% polyester.

Aujourd’hui, la parole se libère. Il est temps de poser des mots sur des actes pas toujours très valeureux. #vismavieavecmesteeshirtdecourse  #ohhnontuvaspasmettreçaavectonjean

Ok, j’assume. Depuis, ma première course officielle en mars 2011 à Ozon (69), j’ai conservé tous mes tee-shirts. Si, si, tous. Des dizaines, vous dis-je. À vue de nez. Tous bien rangés ou pas. Par catégorie. #jecollectionnedesobjetsdecoursescestgravedocteur

Il y a les injetables, les VIP. Ceux, dont tu es le plus fier. Placés, sur le haut de la penderie, ils sentent bon le dépassement, l’accomplissement d’un rêve, d’une folie. Ils font encore quelques sorties, sportives, et même endimanchées pour épater la galerie.

Et puis, il y a les autres. Les ouais bof, les ahhhh je me souviens. Il sont devenus tri-fonctions : bricolage, jardinage, pas de pliage.

Je l’observe, il me regarde, on s’est compris. On a tous les deux vieillis. Il accuse quelques plis et moi quelques rides.

Ozon. Mars 2011, 1h48, 63ème sur 391 coureurs. J’étais jeune et fougueux. C’était mon premier semi. Mon premier dossard. Un départ prudent, sur un parcours bosselé. Un mano a mano avec Jorge. Un premier claquage au mollet, 500 mètres avant l’arrivée. Un souvenir mitigé.

Je me souviens de la ligne de départ. Un haut de cycliste improbable. Petit short moulant pour galber l’accélération du fessier. Chaussettes de compression. Nimbus au pied. Trouillomètre à zéro.

Ce tee-shirt collector a ensuite partagé quelques unes de mes nuits. Trop sexy au boulot. Ce petit col en V, avec son double coloris vintage, a finalement terminé sa course au fond d’un tiroir. J’sais pas ce qui me retient de l’enfiler à nouveau? La trouille, non? Ouais ça doit être ça ! #tupleuresnoncestlacouleurduteeshirtquipique

Ce dimanche 8 mars 2020, les fous prendront le départ de la TCN. Céline et Marlène s’élanceront sur la 16ème édition d’Ozon courir.

Deux parcours. Deux écoles. Mais, avec la même ambition : kiffer son dossard.

Et qui sait, ce qu’ils rapporteront à la maison.

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